Montés sur deux châssis pré-existants – l’un en provenance du carrossier DAF et l’autre de Mercedes – ces deux engins aux formes organiques consommeraient 40 % moins de carburant que les camions aujourd’hui en circulation. Pourtant, ils n’ont pas trouvé preneurs auprès des industriels qui, selon Luigi Colani, s’entêtent à construire des poids lourds cubiques sans tirer aucune leçon de l’aérodynamisme.
Luigi Colani : un dieu vivant au Japon
Né à Berlin en 1928, Luigi Colani commence par suivre la voie déjà explorée par son père, artiste, en étudiant la sculpture et la peinture à l’académie des Beaux Arts de sa ville natale. Puis, il s’installe à Paris, vers l’âge de vingt ans, avec le projet de dessiner des voitures. Pour se donner les moyens de concrétiser son rêve, il décide d’acquérir les compétences high tech qui lui font défaut en complétant son cursus par une formation en aérodynamique à l’université de la Sorbonne.
Repéré par la Douglas Aircraft Company, il s’envole en 1953 pour la Californie et se retrouve pendant un an et demi à la tête du département des nouveaux matériaux constitué d’une centaine d’employés. De retour en Europe, il travaille ensuite pour différents constructeurs automobiles – Fiat, Alpha Roméo, Lancia, Volkswagen, BMW etc. – avant de monter son propre studio à Berlin en 1955.
Dès les années 60, son champ d’action s’élargit à l’aéronautique, au mobilier, à l’architecture ainsi qu’à divers biens de consommation : lunettes, télévisions ou encore accessoires informatiques. A partir de 1982, Luigi Colani s’installe plusieurs années au Japon où il est sollicité par les plus grands fabricants de produits high tech comme par exemple Canon pour lequel il dessine le T90 : l’un des premiers appareils photographiques totalement ergonomique. Vénéré comme un dieu du design en Asie, il enseigne également depuis plus de dix ans au sein de différentes universités chinoises.